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Le GERS de 1966 à 1967
Cacher les mots clés - Mise à jour : 08/05/2011


Le Groupe d’Etudes et Recherches Sous-marines (G.E.R.S)
De mars 1966 à avril 1967 par Alain Barrière.

Les publications concernant la plongée dans la Marine Nationale pourraient laisser croire qu’il ne s’est rien passé entre 1958 et sa dissolution en 1974 en donnant naissance aux GISMER et COGISMER. Ceci est dû probablement à une discrétion toute militaire et à des commandants n’ayant pas le talent médiatique de leur illustre prédécesseur le commandant Cousteau. De mars 1966 à avril 1967, après les EOR à Brest, j’ai choisi de servir au GERS, ce texte porte témoignage de cette période.

L’état major
Le commandant
Le 4 octobre 1965 le GERS avait officialisé la table de plongée GERS 65 valable pour des profondeurs de 40 à 80 mètres, avec une vitesse de remontée de 17 mètres par minute. Elle annulait une précédente table, publiée avec la « Spirotechnique », valable de 19 à 91 mètres avec une vitesse de remontée de 20 mètres par minute. Cette dernière si elle était bien supportée par des hommes jeunes et bien entraînés, avait été la cause d’accidents sur des personnes ne répondant pas à ces critères. La préoccupation en 1966 était de calculer et tester une table sûre pour les plongées de 85 à 110 mètres avec d’autres mélanges à respirer que l’air, l’azote devenant toxique au-delà de 85 mètres. Tout interlocuteur franchissant la porte du bureau du commandant avait droit à une explication de principe de la saturation des tissus du corps humain, qu’il illustrait d’une courbe d’allure hyperbolique.
De fait le programme d’expérimentation était très dur, avec des hommes passant des heures dans l’eau du caisson pressurisé, avec ou sans efforts à faire, avec de l’eau refroidie par des barres de glace ou de l’eau chaude.
(Photo du second maître Schmitt sortant du caisson d’expérimentation.)
Le commandant en second
Il était également commandant de l’aviso ‘ « Ingénieur Elie Monnier » (ex remorqueur « Albatros » dans la marine allemande et attribué à la France comme dommage de guerre). Plongeur démineur il pilotait les expériences en mer et supervisait les équipes de plongeurs affectés aux expériences, auxquelles il prenait une part active.
L’Elie Monnier armait une tourelle Siebe Gormann avec sas de sortie pour les plongeurs et une tourelle d’observation « GALEAZZI ». Il était équipé d’un caisson thérapeutique multiplace. Les tourelles étaient mises à l’eau avec le mat de charge arrière
(Photo le bâtiment d’essais Elie Monnier, origine probable Marius Bar)
Les médecins
Trois médecins étaient affectés au GERS, deux médecins de première classe et un aspirant ayants en charge les expérimentations sur un caisson multiplace comportant une cuve en eau. Un autre caisson multiplace à sec, semblable à celui de l’Elie Monnier était réservé aux traitements d’accidentés de la plongée et aux tests.
Il y avait peu de médecins spécialistes de la plongée en 1966 et l’un des médecins avait déjà publié de l’ordre de 14 communications sur ses expérimentations en caisson hyperbare. De ses tartarinades de carré il paraissait ne pas être loin de penser qu’il était le meilleur français de la spécialité, la postérité n’a retenu que le nom de son concurrent direct de la COMEX, qui disposait aussi de moyens privés plus importants. Ayant eu un différent avec lui, à propos du comportement du matelot infirmier, il m’avait signifié que son point de vue était le meilleur, il suffisait de compter les galons sur nos épaulettes respectives.
Pour être complet, il conduisait avec compétence la vérification des tables de plongée avec des hommes après avoir fait des tests préliminaires sur animaux en variant les paramètres d’environnement. Il avait compris que les tables devaient intégrer une population plus large que le jeune sportif, que l’effort, le froid ou le chaud, le stress fragilisaient les individus et que les tables devaient en tenir compte. Tous les jours il conduisait des plongées de vérification en caisson à es profondeurs de 90 à 110 mètres, et parfois des plongées exploratoires au-delà sans aucun incident même mineur.
L’activité principale du caisson thérapeutique était de tester les personnels de la Marine destinés à passer des brevets de plongée, ainsi que les futurs équipages de sous-marins. Cette activité permanente était interrompue par le traitement des accidentés de plongée, s’ils ne décédaient pas pendant le trajet depuis le site de l’accident. (Pour la méditerranée il n’y avait que deux sites de re-compression). L’accidenté est re-comprimé à une pression équivalente à la moitié de la profondeur atteinte pendant la plongée lors de l’accident, puis est ramené lentement à la pression ambiante en utilisant une table spéciale et respiration d’oxygène en dessous de neuf mètre. Le caisson est équipé d’un sas qui permet d’avoir toujours une personne auprès du malade en se relayant. J’ai personnellement participé à l’assistance de trois accidentés. Le premier était un corailleur qui plongeait à 110 mètres avec une table de son invention et de longs paliers à l’oxygène. Il est arrivé hémiplégique et est reparti sur ses deux jambes jusqu’à une fois suivante.
Le deuxième était un EV2 démineur à l’école de plongée de Saint Mandrier, dont le détendeur Cousteau Gagnan s’était bloqué à 60 mètres. Avec un sang froid admirable il avait réussi à remonter en respirant sur sa bouée (PA 61). Heureusement pour lui, le chasseur de l’école était équipé d’un caisson monoplace se fixant sur le caisson thérapeutique du GERS, ou il a fait en toute sécurité sa remontée fictive à vitesse lente. Le troisième était le commandant en second du GERS, dont nous venons de faire connaissance, pris de douleur au genou après un exercice démineur à 60 mètres. La VP 771 utilisée pour cet exercice et que j’avais le privilège de commander, était également équipée d’un caisson monoplace.
Un médecin aspirant assistait les deux médecins cités, en particulier pour la conduite des caissons hyperbares. Les plongées fictives profondes 110 m et plus, se faisaient avec des mélanges comportant des gaz rares.
Les pharmaciens chimistes
Les tables de plongée GERS 65 avaient été calculées à la main en faisant la synthèse de trois natures de tissus composant le corps humain, les muscles par exemple ne se saturent pas à la même vitesse que les tissus adipeux…etc. Pour les nouvelles tables, il a paru judicieux d’ajouter un quatrième tissu de vitesse de récupération intermédiaire ce qui compliquait le calcul. A partir des années 60 les ordinateurs ont commencé à être accessibles. C’étaient d’énormes machines dont la capacité de calcul était cependant inférieure à un portable d’aujourd’hui. Le pharmacien chimiste, avec l’aide de scientifiques du contingent, programmait les formules d’absorption des gaz par les tissus pour déterminer la durée des paliers à respecter en fonction de la profondeur atteinte et de la durée de la plongée. Ces formules reprenaient le travail de Haldane avec des corrections issues de l’expérimentation.
Le pharmacien chimiste de première classe avait aussi la charge de préparer les mélanges respiratoires de plongée en remplaçant l’azote par un gaz neutre et plus léger comme l’hydrogène ou l’hélium. Il assurait les quantités nécessaires au fonctionnement des caissons d’expérimentation et pour les Mixgers en essais à la mer.
Branche énergie
Le blockhaus servant de base au GERS abritait un parc de machines outils ayant servi en d’autres temps à réaliser les prototypes d’appareils de plongée et divers matériels (entre autres : le détendeur Cousteau Gagnan, l’Oxygers, les Mixgers, traîneaux pour nageur de combat..). L’équipe assurait la production de l’air comprimé nécessaire aux caissons et au gonflage des bouteilles de plongée. Ils utilisaient deux compresseurs JUNKER, remarquablement silencieux, récupérés sur un sous-marin allemand. Plus important ils préparaient le futur en rédigeant le cahier des charges de ce qui allait devenir le bâtiment d’expérimentation « Triton », ainsi que des tourelles de plongée pouvant se connecter directement sur un caisson de vie en saturation embarqué sur ce bâtiment.
Le LV en charge avait pour assistant un EV1 qui assurait la mise au point d’une vanne commandée. L’idée était de remplacer les paliers fixes traditionnels dans les décompressions en caisson, par une fuite contrôlée assurant un temps de décompression le plus court en suivant au plus près les courbe de dé-saturation calculées par le pharmacien chimiste.

Chef de quart
Ex « motor launch » anglaise HDML 1132, puis VP8 dans les FNFL, la VP 771 a été le premier bâtiment du GERS. En 1966, sous mon commandement, elle sortait en mer plusieurs fois par semaine pour des essais de matériel de plongée (Blocs prototypes ; Mixgers, téléphone sous-marin, combinaisons mouillées, sèches chauffantes, télévision sous marine...) ; pour maintenir les aptitudes plongeurs, former les nouveaux aux différent matériels. A la fonction de commandant de la vedette, ma fonction était complétée par le rôle de plongeur de bord et la fonction de chef du service intérieur. Le GERS recevait beaucoup de courrier et publiait de nombreux rapports d’essais, le secrétariat était une activité prenante. C’est cette activité de documentation que j’ai illustrée et qui m’a valu de figurer comme assistant dans la publication du livre « La plongée dans la Marine Nationale » réédité par Arthaud en 1967.

Quelques essais en mer.
Exploration
L’exploration des fonds ou la recherche d’objets posés au fond comme les mines, était un problème non résolu. La VP était équipée d’une vitesse lente « plongeur ». Une gueuse de 20 kg était descendue à 50 cm du fond et amarrée à une bitte. De la gueuse partaient deux bouts de cinq mètres avec à chaque extrémité un plongeur, la vitesse adaptée évitait que le masque ou l’embout de respiration ne soit arraché. Cette technique artisanale permettait de balayer une bande de 30 mètres voire plus si la visibilité était bonne et a servi à déminer une bonne partie du littoral. Divers types de traîneaux ont aussi été testés avec plus ou moins de bonheur.
Avec l’arrivée de la télévision, l’idée est naturellement venue de remplacer l’homme par une caméra. Le problème était rendu délicat par le volume important des caméras de l’époque. Pour contourner le problème les électroniciens avaient eu l’idée de séparer l capture d’image de l’amplification et de l’alimentation. Compte tenu des consommations électriques de ces caméras et de la faible capacité des batteries au plomb il fallait alimenter la caméra depuis la surface. C’est donc un câble de 18 brins (environ) qui reliait la partie immergée aux installations de surface. L’étanchéité de la prise immergée et des différents conducteurs qui la traversaient ont été un problème constant, une traction trop forte sur le câble dessoudait les liaisons. Sur la photo on voit une opération de contrôle du câble. A gauche, appuyé sur le grillage on distingue un panneau avec un flotteur cylindrique et deux arceaux. C’est le traîneau porteur de la caméra enfermée dans un conteneur étanche fixé entre les arceaux de protection contre les chocs. L’ensemble du panneau chargé de la caméra avait une flottabilité positive compensée par une chaîne accrochée au bas du panneau. L’ensemble complet avait une flottabilité négative. A la mise à l’eau l’ensemble sombrait jusqu’à ce que le poids des maillons non posés au fond équilibre l’équipage. La hauteur de la caméra par rapport au sol était ajustée par un câble interposé entre la chaîne et le bas du traîneau. Cet astucieux bricolage fonctionnait par fond à peu près plat, le champ de visibilité était étroit, environ 10 mètres sans aucune possibilité de manœuvre latérale. Il fallait souvent reprendre les étanchéités et soudures, travail récurrent pour l’EV1 recherche scientifique.
Vers la fin de l’année 1966 une société civile est venue proposer en test un robot télécommandé équipé d’une caméra miniaturisée et d’un bras manipulateur ? C’était le premier essai de ce qui allait devenir le PAP, robot équipant tous les bâtiments base de plongeurs démineurs. Le GERS aurait pu prendre en main un tel développement, ayant des moyens techniques et humains suffisants ; mais avec peu de chances d’arriver à un produit compétitif en coût. Savoir faire appel à la sous-traitance n’était-elle pas la marque d’une vision d’avenir ?

Matériel de plongée
Le programme de sortie de la VP était établi en fonction des essais d’amélioration de confort d’utilisation de l’Oxygers, outil de travail des nageurs de combat ou de l’étude de développement du Mixgers, plus particulièrement destiné aux plongeurs démineurs et la plongée profonde. Les plongeurs d’essais et leurs accompagnants profitaient de ces plongées pour emporter en essai des petits matériels : montres, bathymètres, compas, détendeur à deux étages, gilets ascensionnels, palmes, masques etc…. Le GERS plongeait par tous temps, été comme hiver ce qui permettait de détecter des problèmes de givrage et demander des corrections aux fabricants. Oxygers et Mixgers ont conduit à concevoir et perfectionner le gilet ascensionnel qui a remplacé la bouée couronne type PA 61. Il s’est rapidement imposé chez tous les plongeurs, civils et militaires. Pour les petits appareils de poignet, l’utilisation en mer permettait de juger de leur lisibilité et aisance de manipulation. Les tests d’étanchéité indispensables pour obtenir le label « approuvé par la Marine Nationale » étaient réalisés dans de petits caissons hyperbares de quelques litres. La méthode sévère consistait à les mettre dans l’eau et à monter la pression jusqu’à apparition d’eau à l’intérieur. La méthode douce consistait à les mettre en pression dans l’air et après une décompression rapide à les plonger dans l’eau, si des bulles se formaient l’appareil n’était pas étanche. En prévision de plongées profondes le GERS a poussé la recherche de vêtements de plongée protégeant mieux que le classique habit de néoprène dit « mouillé » car l’eau est au contact du plongeur. Nous avons testé des combinaisons mouillées chauffantes, des batteries se substituant à la ceinture de lest, avec des succès divers. La solution finalement retenue a été le vêtement sec avec casque intégral et circuit d’eau chaude, la COMEX industrialisera cette solution. Le casque présente l’avantage d’assurer une téléphonie sans contraintes. Auparavant nous avions essayé un système de téléphonie utilisable avec un vêtement mouillé classique. Le transpondeur était fixé à la ceinture, micro et écouteurs étaient intégrés à un masque facial. Pour parler il fallait retirer l’embout du détendeur de la bouche, sans décoller le masque facial du visage. Je n’ai pas oublié une plongée avec cet équipement. Mon coéquipier était le second maître Menu, un nageur fluide et rapide tout absorbé par la navigation dans un parcours de nage de précision. Nouvellement breveté j’avais du mal à le suivre. Quand en plus il fallait retirer l’embout pour répondre à la surface tout en essayant de ne pas perdre de vue ses palmes l’épreuve est devenue rapidement physiquement pénible. Il n’en reste pas moins que pour certaines interventions ce système a apporté une solution utile. Pour améliorer le rayon d’action des plongeurs des recherches ont été conduites sur des propulseurs Un prototype particulièrement léger et rapide a été testé pour la plus grande joie de nos spécialistes sur les côtes de la Corse lors d’une campagne de l’Elie Monnier.

Prises de vues sous-marines
La DCAN dans sa recherche de réduction de l’image acoustique des sous-marins avait eu l’idée d’utiliser un écran constitué d’un réseau de bulles d’air. Le Rolland Morillot, avait été équipé de lyres de distribution d’air comprimé autour de la coque. Le GERS a été chargé de filmer la répartition des bulles en immersion et en route.
Avec le commandant du sous-marin il a été décidé de procéder à immersion périscopique en rade des Oursinières. La VP mouillerait une bouée près de laquelle se tiendraient les plongeurs et la caméra sous-marine, le sous-marin passerait au plus près sans prendre ses barres de plongée dans l’orin puis ferait un tour pour se présenter pour une nouvelle prise. La présence de coffres d’amarrage dans cette zone inquiétait le commandant du sous-marin, il fut décidé d’aller voir leur disposition avec la vedette. Nous avons remonté la rangée de quatre coffres et le commandant me dit, « je les ai bien sur ma carte, ensuite l’eau est libre ». Je connaissais bien la zone pour y avoir amené souvent les plongeurs démineurs pour des exercices à 60 mètres. Nous amarrions la VP à un coffre qui n’était aucun de ceux que nous avions vus. Sur ma remarque, il me dit « vous devez faire erreur, je n’ai pas d’autre coffre sur la carte marine ». J’ai poursuivi ma route vers le large sans essayer d’argumenter et quelques cinq cents mètres plus loin nous avons trouvé au ras de l’eau le coffre que je connaissais bien. Bas sur l’eau à cause des moules accrochées à la chaîne, posé sur un fond de 60 mètres exactement. Le pilote du sous-marin a pris une engueulade et j’ai été invité le jour de l’exercice à déjeuner en immersion à bord du Rolland Morillot. Le lendemain, l’exercice s’est déroulé comme prèvu, à ceci près que le sous-marin redoutant de se prendre dans l’orin passait trop loin de la bouée. Les nageurs ont dû s’en approcher en pleine eau sans bout auquel se retenir. Avec la lourde caméra 16 mm dans son caisson, c’était un peu acrobatique avec le risque de se faire aspirer par les hélices. La solution du rideau de bulles n’a pas dû donner des résultats probants sur le polygone d’écoute car je n’ai pas connaissance qu’elle ait été retenue sur d’autres réalisations.

Plongée en mer à 110 mètres.
Une première dans la Marine Nationale

Le décès en plongée à l’air à 110 mètres du premier maître Fargues le 17 septembre 1947 avait donné un coup d’arrêt à la conquête des profondeurs par des pionniers ne maîtrisant pas encore tous les mystères des phénomènes de saturation des tissus du corps humain et des effets de l’azote hyperbare. Plus tard la plongée à l’air a été autorisée avec une limite de 85 mètres. Les calculs du GERS avec des mélanges à l’hélium remplaçant l »azote toxique à ces profondeurs ont permis d’établir des tables entre 85 et 110 mètres. Début 1967, les expérimentations en plongées fictives en caisson ont été considérées comme terminées et les études attaquaient les tranches plus profondes.
Un matin de Février 1967 l’Elie Monnier a appareillé pour un fond de 110 mètres en vue des « deux frères » deux rochers caractéristiques au large de Toulon pour une première plongée en eau libre.
La tourelle Siebe Gorman est saisie, on aperçoit sur la gauche le sommet de la tourelle Galéazzi. Le LV Gay donne les instructions de manœuvre. Le trou d’homme que l’on voit sur le haut de la tourelle Siebe Gorman va être fermé après vérification, c’est une issue de secours en cas d’incident, l’entrée et la sortie des plongeurs se fait par une ouverture située sous la tourelle.
Le guindeau est utilisé pour haler les câbles annexes et les canalisations. La tourelle est soulevée par un treuil dédié. Une poulie est frappée dans l’axe du navire pour renvoyer le câble vers le mat de charge. La tourelle est mise à l’eau seule, les plongeurs la rejoindront à cinq mètres sous la surface. Avec le roulis il se produit des tensions brusques dans le câble tant que la tourelle n’est pas immergée ce qu rend la manœuvre délicate.
Le LV Gay donne les dernières consignes au plongeur d’assistance qui surveillera le bon déroulement de l’entrée des plongeurs dans la tourelle, et en fin de plongée les aidera à sortir et aux paliers.
La plongée se fera avec le Mixgers, le second maître Menu procède aux vérifications de ses branchements. Les bouteilles de gaz sont sur le ventre, alors que l’appareil respiratoire est porté dans le dos.
Le premier maître Jaffré est prêt. Il attend le signal de départ. On distingue (mal) sur la photo la ceinture de lest composée de batteries pour alimenter la combinaison chauffante mouillée.
Les câbles électriques sont enroulés sur un dévidoir.
Les plongeurs d’assistance se mettent à l’eau.
La tourelle rejoint la mer, câbles et tuyauteries sont branchés.
La tourelle est immergée et un essai de fonctionnement est réalisé, avec une chasse d’air pour vider l’espace intérieur.
La tourelle est prête, les plongeurs équipés du Mixgers se mettent à l’eau, ils vont aller se placer dans la tourelle.
Les plongeurs se positionnent dans la tourelle.
La plongée vient de commencer. Arrivés à 110 mètres les plongeurs sortent de la tourelle pour leur travail au fond, en l’occurrence repérer une ancre perdue par l’Elie Monnier lors d’un précédent exercice. En fin de plongée ils regagnent la tourelle qui sert d’ascenseur et de réserve de gaz.
Le médecin du bord est prêt à mettre en œuvre le caisson de re-compression par mesure de sécurité. En, cas d’urgence les paliers à partir de 12 mètres peuvent être faits en caisson, après une remontée sans arrêt jusqu’à la surface et une re-compression rapide. En temps normal les paliers jusqu’à 30 mètres sont faits dans la tourelle, ensuite les plongeurs sortent pour terminer leurs paliers en eau libre sur le bout de sécurité et ce jusqu’à la surface.

A leur retour sur l’Elie Monnier, la première plongée à 110 mètres aux mélanges et suivant les nouvelles tables de plongée sécurisées venait d’être réalisée avec succès. Pour être précis il ne s’agit pas là d’un record, mais d’une étape importante entre l’inconscience, souvent sanctionnée par des accidents et la plongée en sécurité pour une large gamme de population ayant à faire des efforts à ces profondeurs.
Il aura donc fallu vingt ans pour franchir en sécurité la limite des cent mètres. Ensuite, avec le développement des moyens de calcul et de simulation la pénétration de l’homme sous la mer s’accélèrera très vite. La Marine Nationale s’associera à la recherche privée de la COMEX et ses plongeurs participeront à l’établissement de plusieurs records successifs de profondeur avec travail en plongée et de durée en immersion. Puis la COMEX poursuivra seule ayant des objectifs propres ; mais c’est une autre histoire.

Conclusion
Avec ses moyens peu adaptés, (l’Elie Monnier perdra sa tourelle lors d’une remontée à bord par rupture de l’attache de la poulie de renvoi entre le treuil et le mat de charge sur un coup de roulis), le GERS en ces années 1966-1967 a préparé la mutation vers plus d’efficacité des groupes de plongeurs démineurs et de ses héritiers le GISMER et le COGISMER. Le TRITON bénéficiera d’une tourelle se fixant directement sur le caisson et de dispositifs de levage fiables permettant de faire les paliers à sec, ou de rester en saturation entre deux plongées. Les bâtiments de plongeurs démineurs, les nageurs de combat seront équipés d’engins de recherche et d’intervention télécommandés, d’équipements plus sûrs ou offrant un plus grand confort. Témoin secondaire et transitoire de cette grande aventure, je voudrais rendre hommage aux acteurs dont j’ai partagé la vie pendant un an.
Capitaine de Frégate Berry, LV Gay, LV Vial, Médecins de première classe Barthélemy, Michaud, Le Chuiton ; Pharmacien chimiste de première classe Parc ; premier maître Jaffré ; seconds maîtres Menu, Schmitt, Le Monnier, Martin et bien d’autres dont les noms m’échappent.
Alain Barrière (ex EV1 chef de Quart)


Source d'informations
Informations transmises par Monsieur Alain Barrière, ancien chef de service du GERS


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